Climat de France photographié

Climat de France photographié

Samedi dernier, j’ai été invitée au vernissage d’une exposition à l’Artothèque de Caen. Je vous avait déjà parlé une première fois de ce concept dans un article en mars ⇨ par ici pour relire l’article. Cette fois-ci ce n’est pas la sculpture ni le dessin qui sont à l’honneur, mais la photographie, qui est de loin le mode de représentation que je préfère. Un talent de dessinateur, de sculpteur ou de peintre est souvent inné, mais un talent de photographe s’apprend avec le temps. Même si je crois qu’il y a quand même une part d’inné dans la photographie, je trouve que c’est un art plus difficile, il faut apprendre à maitriser l’appareil, connaitre la technique et la technologie. Je suis toujours extrêmement impressionnée par les bons photographes. C’est un art que je rêve de maitriser davantage.

J’ai d’ailleurs complètement raté toutes les photos que j’ai prises pendant ce vernissage. Comme si cette mise en abîme m’avait été refusée. Comme si le travail de l’artiste n’avait pas eu le droit d’être capturé.

L’artiste s’appelle Stéphane Couturier, il photographie l’espace urbain avec brio depuis des années. Avec Climat de France, il nous emmène dans un quartier d’Alger très particulier. Climat de France c’est le nom de la cité, créée par Fernand Pouillon (architecte français) dans les années 50. Cet ensemble d’immeubles avait été créé à l’origine pour 30 000 personnes.

Ils sont désormais plus de 50 000 à y vivre.

Pendant trois années, Stéphane Couturier a photographié (non sans mal) cet endroit atypique pour nos yeux occidentaux. Là bas, les mafias et autres gangs font la loi, on ne photographie pas comme ça. Il faut avoir l’autorisation de le faire, être introduit par quelqu’un. Par chance, l’artiste a rencontré Hamid dès sa première visite, celui qui est devenu son guide, puis son coéquipier, son élève et maintenant un artiste photographe à part entière. Une histoire très touchante.

La muséographie de l’exposition est belle, lumineuse.

J’ai beaucoup aimé ce double sentiment qui s’est emparé de moi en regardant les oeuvres. J’ai été partagée car Stéphane Couturier a réussi à rendre des lieux qui pourraient à première vue nous paraitre peu agréables à regarder en quelque chose de beau et apaisant. Pourtant Climat de France est loin d’être un endroit apaisé. Les habitants souffrent de misère sociale, les bâtiments sont dégradés par le temps. Mais il y a cette âme, cette sensation de sérénité. Un train train quotidien à peine perceptible mais pourtant si présent.

Je me suis posé la question de la représentation des femmes, qui étaient quasi absentes sur les photos, ou seulement suggérées (photos de voiles), ou encore en arrière-plan, dans l’ombre. Avant que je puisse lui demander, Stéphane Couturier nous a expliqué que là-bas, les photographes et les femmes ont un lien particulier. Ce n’est pas qu’elles n’ont pas le droit d’être photographiées, non. Elles y sont autorisées, seulement si la photographie reste entre l’auteur et son sujet.

C’est du domaine de l’intime, et ne doit donc pas être montré.


Stéphane Couturier

Alger, Climat de France

1er juillet – 30 septembre 2017

entrée libre

du mardi au samedi de 14h à 18h30

L’Artothèque ⎟ Palais Ducal ⎟ Impasse du Duc Rollon ⎟ 14000 Caen site internet


Je vous partage en prime, quelques images de l’Artothèque, installée dans l’ancien Palais Ducal. Si vous passez par Caen, allez y faire un tour, ça vaut vraiment le coup. Il y a même une terrasse très agréable tout en haut du bâtiment. Elle est super calme et ensoleillée.


belle soirée ♥︎

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2 thoughts on “Climat de France photographié”

  • C’est le genre d’expo que j’aimerais bien découvrir, car je trouve que la photo citadine n’est pas un exercice facile. Surtout quand on a pour modèle un quartier aussi « ‘difficile » mais en même temps aussi vivant.

    De mon côté, je suis tombée accidentellement sur un tout autre sujet lors de ma visite de Vannes, dans le golfe du Morbihan : une expo du photographe brestois René Tanguy, qui raconte l’amitié entre Jack Kerouac et Youenn Gwernig (un poète breton). Une véritable découverte et j’ai passé un bon moment, certaines anecdotes, certains échanges entre les deux artistes m’ont vraiment touchée.

    • Je suis totalement d’accord avec toi. La ville a tellement de coins esthétiques mais « gâchés » par une affiche publicitaire ou une voiture. Réussir à sublimer tout ça est une véritable prouesse !
      L’exposition que tu as vu a l’air très sympa ! Merci pour ce partage :)

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