Résumons : à propos du Désir

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Aujourd’hui c’est Jeremy qui prend le contrôle du clavier. Il a écrit cet essai philosophique l’autre jour et me l’a fait lire, j’ai tout de suite trouvé qu’il était fascinant. Le désir est un sentiment que nous connaissons tous et avec lequel nous ne savons pas toujours comment réagir. Il nous influence de toutes les façons. Je vous laisse avec Jeremy et je reviendrai à la fin. Bonne lecture 🙂

(PS : mes écrits sont ceux en italique)

« Désir »

Drôle de mot que voilà. Tandis qu’il laissera indifférent certaines personnes, chez d’autres il provoquera des folies et des passions d’autant plus destructrices que révélatrices de l’âme humaine. Mais au fond, quel est ce désir qui nous fait avancer, qui nous bloque et souvent agit sur nos instincts les plus primitifs ?

Alors résumons :

Le désir cohabite avec le besoin. Le besoin c’est tout ce dont je ne peux pas me passer pour vivre, terre-à-terre, c’est de la nourriture, un abri, un vêtement chaud, etc… Le désir quant à lui est plus complexe à cerner et je pense que pour mieux le comprendre il faut le voir en deux catégories.

✚ Le premier est le désir être, qu’on peut assimiler au rêve d’accomplir, ou au rêve de s’accomplir. Il passe par l’envie de devenir, d’évoluer. Ce désir de construction de soi-même ou de quelque-chose peut être d’un certain point de vue comme personnel car il est en partie ce qui conditionne nos envies, nos buts, notre volonté de réussite… Toutefois on se rend bien compte qu’il n’est personnel que parce qu’on le croit, car en vérité il porte l’empreinte des sociétés et des époques dans lequel il est intériorisé.

Le désir d’être d’un citoyen romain peu avant la chute de l’Empire ne sera pas le même que celui de n’importe quel européen contemporain, car les sociétés ne dictent pas les mêmes valeurs et idéaux de réussite.

Autrefois le désir d’être, c’était d’honorer les ancêtres, de s’enrichir, faire la guerre… ou simplement survivre ! Aujourd’hui c’est le modèle de réussite carriériste qui prédomine dans les sociétés occidentales et occidentalisées. C’est un désir d’être comme un autre, si vous préférez qu’on vous demande votre métier avant votre prénom. Pas de jugement à avoir, tout le monde l’a au moins fait une fois et ça ne s’arrêtera pas du jour au lendemain. Ça s’appelle le conformisme social. On conforme nos attitudes et les désirs qui nous sont propres pour coller avec la masse par peur du rejet de notre différence.

Je me demande s’il ne faudrait donc pas d’abord savoir si ces envies nous appartiennent, ou en tout cas nous correspondent, avant de chercher à les accomplir ? Remettre en question les buts que j’ai depuis des décennies ? Pourquoi pas ? Si ça peut m’aider à me concentrer sur ce que je veux.

A vous de voir.

✚ A cela s’ajoute un autre désir. Occasionnel ou impulsif, contrairement au premier il ne construit rien. Au mieux il engendre une suite d’actions qui mènent à un résultat positif ou négatif.

Ce désir, c’est le désir d’avoir.

C’est pour cela qu’enfant on apprend à le contrôler avec plus ou moins de succès. L’apprentissage du désir d’avoir et son apprivoisement est un processus stabilisant mentalement. En tout cas c’en est l’un des déterminants. Qu’on l’empêche totalement ou qu’on l’encourage à outrance ne donne rien de bon. Sans apprentissage on devient incapable de gérer ses désirs et sans limites on devient incapable de gérer sa frustration. La solution à l’équilibrage entre la frustration et le désir est à mon sens l’équilibrage de la satisfaction, de la récompense. N’y cédons pas trop facilement, mais ne nous empêchons pas totalement d’être récompensés.

Car il est là le fond du problème avec le désir d’avoir. Il n’est ni bon, ni mauvais.

Il faut le voir comme une boucle de désir/frustration/récompense. Chacun est un levier pour l’autre.

Si ce désir est en nous, on ne peut pas le combattre, on peut au mieux le canaliser. L’empêcher complètement créerait encore plus de frustration, donc de désir…

La seule chose à faire pour le canaliser serait donc de contrôler la frustration, qui est le facteur extérieur du désir, pour contrôler son propre désir… et aussi pourquoi pas calmer celui des autres.

La « drague » moderne joue avec ce mécanisme de désir/frustration. Je parle de drague, mais tout bon commercial et publicitaire qui se respecte utilise ce type de drague pour susciter la frustration, donc le désir du consommateur. La récompense sera éphémère, mais quand bien même on vous la vendra tout de même comme indispensable.

Pourquoi ne nous contrôlons-nous pas plus face à ces désirs ? La récompense vaut elle le coût de la frustration ?

Le désir d’avoir est celui qui nous emprisonne le plus. Dans cette société de consommation à outrance, nous ne sommes que des pions servant à enrichir les puissants pour les rendre encore plus puissants. Loin de moi l’idée de faire peur ou d’être défaitiste, et encore moins complotante. Le seul moyen d’aller à l’encontre de ce système qui nous corrompt tous autant que nous sommes, c’est de faire les choses différemment, et de réfléchir par nous-mêmes. Ai-je vraiment besoin de cela. Voilà à quoi sert le minimalisme, voilà pourquoi il est important de ne pas passer sa vie à acheter. Nous n’existons pas à travers les objets, nous sommes leurs créateurs. La Nature, elle, nous permet de vivre. Les Autres et l’Amour sous toutes ses formes sont de véritables raisons de vivre. Et si on essayait d’aimer être, d’aimer les êtres, plutôt que d’aimer avoir ?

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Mercenaire autodidacte philosophe et charpentier. Récupérateur de meubles vintage et de vieilles babioles. Spécialiste de la confection des crêpes à toute heure de la journée. Veut vivre dans un monde meilleur en faisant sa part du mieux qu'il le peut.

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